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bonne resolution,1 ne pas prendre l'ascenseur

Par sidibou :: 01/01/2007 à 22:23 :: les pins

Première (bonne) résolution : éviter l'ascenseur

LE MONDE | 01.01.07 | 15h45  •  Mis à jour le 01.01.07 | 15h45
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Toujours se méfier des ascenseurs. Le conseil valait en 2006, aucune raison de ne pas le retenir en 2007. Il faut savoir éviter les ascenseurs, les contourner, les oublier. Ne serait-ce que pour garder la forme, si on en a la possibilité. Multiplier les flexions-extensions... Donc, bonne année, bonne santé, mais prudence. Sachez vous abstenir. Sachez refuser l'ascenseur. Prenez une bonne résolution en ces temps de bilan et de perspectives. En 2007, dites non à l'ascenseur.

Le moment est propice. Vous vous rappelez certainement le film Le Père Noël est une ordure et de la longue séquence hilarante de l'ascenseur. Si la présidente de l'association caritative à la noix (Josiane Balasko) avait suivi notre conseil, elle ne serait pas montée dans l'ascenseur pour quitter son domicile et n'aurait pas passé tout son réveillon dans cette cabine étroite et austère appelée ascenseur, du latin ascensum. Le psy psycho-rigide (Thierry Lhermitte) n'aurait pas mis un temps fou à l'extirper du piège fatal.

L'ascenseur, on sait pertinemment quand on y entre. On sait moins quand on en sort. Une jeune fille vient d'en faire l'expérience dans la région parisienne. Entrée le mardi matin dans la cabine, elle en est ressortie le vendredi après-midi. Cela s'est passé à Bobigny. Partie pour aller chercher du pain, Safiatou, 18 ans, est restée bloquée quatre jours sans boire ni manger. Transie de froid. Son père et ses proches l'ont cherchée partout sauf là, puisque le dépanneur et le gardien assuraient que la cage était vide.

La cage, ici, est bien le mot qui convient. Qu'elle soit en bois ou en fer, il faut se méfier. L'avoir à l'oeil. La surveiller. Ignorer les certitudes des techniciens. Ne pas se laisser tenter. Ne pas hésiter à cogner, taper, tambouriner à sa porte.

L'ascenseur est un drôle d'endroit. Un lieu de passage anonyme, un entre-deux, une sorte de no man's land où les gens se sourient de travers, font semblant de se dire bonjour ou bien se tordent carrément la bouche dans un rictus refroidissant. Dans un ascenseur, on ne parle pas, on grimace, on meuble, on sourit jaune. On échange des mots, des bribes de conversation, du small talk comme on dit chez les snobs.

"Bonjour !

- Bonjour !

- Ça va ?

- Ça va..."

Les sociologues, qui analysent tout et même nos échanges en small talk, ont pris un malin plaisir à décortiquer ces instants où se mêlent des impressions de gêne plus ou moins vague, des moments de flottement, de recherche d'une longueur d'onde commune. Les regards se croisent, s'évitent, se fuient, partent à la dérive. On devrait donner des cours de savoir-vivre pour mieux se comporter dans les ascenseurs. Apprendre à regarder ses chaussures de manière décontractée, à relever la tête et à fixer le plafond simplement, à poser son regard sans affolement, à fixer le miroir sans se voir. Bref, parvenir à échapper au confinement spatial et mental.

Car l'ascenseur parvient rarement à faire totalement oublier qu'il se referme sur vous comme une prison provisoire. Seul, vous risquez d'y être oublié. On l'a vu. A plusieurs, le danger peut éventuellement rôder. Un malfaiteur vient d'être arrêté dans la région parisienne, soupçonné d'avoir suivi pour les voler une vingtaine de femmes en quelques mois dans des halls d'immeubles et des ascenseurs. La cabine était devenue une impasse. Pas d'issue de secours.

C'est dire que l'ascenseur possède bien des défauts même si nous n'arrivons pas à nous en passer. L'ascenseur, c'est rarement positif, festif, agréable. Sauf quand il s'agit de l'ascenseur social. Mais justement, il est en panne

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