Entretien avec le nouveau maire de la ville.
Envoyé spécial.
Comment la gauche défaite en mars 2001 a-t-elle pu gagner assez largement dix-huit mois plus tard ?
Guy Obino. La première explication, c’est le rassemblement de la gauche qui n’avait pu être réalisé dans la ville depuis 1989, malgré une dissidence (Dominique Tichadou, tête de liste socialiste en 2001, a présenté sa propre liste cette année, NDLR) dont la responsabilité et le risque n’ont incombé qu’à ceux qui ont bien voulu l’assumer. Je me félicite de la cohésion de cette liste, de sa dynamique et de son unité d’action. J’ai les meilleures relations avec sa composante communiste dont le dévouement et la compétence compteront beaucoup pour aller au secours de Vitrolles.
La liste a été élargie à la société civile et au mouvement associatif. De plus, excusez-moi d’y faire référence, un médecin assez connu, un notable, pourrait-on dire, a su fédérer l’ensemble. L’effet du docteur Obino a permis de dépasser les clivages politiques. Cela s’est déroulé concomitamment à la chute de la maison Mégret aux présidentielles et aux législatives. Peut-être y a-t-il eu, également, dans la population une prise de conscience de la gestion précédente à travers les affaires et le rapport de la cour régionale des comptes.
Quel état des lieux dressez-vous quelques jours après votre élection ?
Guy Obino. Le premier objet de nos préoccupations, c’est la situation catastrophique sur le plan financier, due essentiellement à une explosion de la masse salariale, qui est passé de 191 millions de francs en 1997 à près de 220 aujourd’hui. Nous avons trouvé 1 600 fiches de paie alors qu’il n’y a que 833 statutaires et 50 stagiaires. Cela fait plus de 700 contractuels (embauchés pour la plupart en raison de leur militantisme au MNR, NDLR). Je m’interroge avec inquiétude sur cette dérive qui ne correspond pas à un besoin du service public. Il y a ensuite l’endettement, dont la municipalité précédente a étalé le remboursement jusqu’en 2027. Ils ont hypothéqué l’avenir de Vitrolles. J’ai aussi découvert le démantèlement des services publics. Le patrimoine communal, la voirie, les équipements sportifs ont été laissés à l’abandon. Il pleut dans certaines écoles de la ville. Les cantines ne sont plus aux normes d’hygiène. La situation est plus grave que ce que j’imaginais lorsque j’étais élu de l’opposition. De plus un discours de haine a coupé la ville en deux. Tout le monde se méfie.
Aurez-vous les moyens financiers de vos ambitions ?
Guy Obino. J’ai reçu, hier (mardi, NDLR), le sous-préfet de l’arrondissement d’Aix, et, ce matin, le receveur principal. Ils m’ont assuré de l’appui sans réserves des services de l’État. Nous pouvons également compter sur le soutien du conseil général et du conseil régional, dirigés par Jean-Noël Guérini et Michel Vauzelle. Nous allons remettre Vitrolles dans la normalité républicaine.
46 % des électeurs vitrollais ont malgré tout encore voté pour le MNR.
Guy Obino. Aujourd’hui, je suis le maire de tous les Vitrollais. Ceux qui ont voté pour moi, je n’ai plus à les convaincre, ils sont attachés à la République. Aux autres, je dis : " Ouvrez les yeux et rejoignez-nous. On vous a mentis ".
Entretien réalisé par C. D.