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la seroadaptation ou serosorting,promesses et périls?Par sidibou :: 04/01/2007 à 1:23 :: gay
Promesses et périls de la séroadaptationpar Jen Hecht et Jason Riggs (Stop Aids Project)« H musclé viril cherche plan bareback. Séroneg et sans MST, toi aussi ». « Séropo cherche même profil pour relations chaudes ». Ce type d’annonce est de plus en plus répandu en ligne. Ceux qui les déposent s’engagent, qu’ils le sachent ou non, dans ce qui est maintenant connu sous le nom de « serosorting » ou « status sorting ». Sur les forums, comme à travers les campagnes de prévention et les médias, la séroadaptation (serosorting ) occupe le devant de la scène : c’est la toute dernière innovation dans la prévention du VIH. Mais qu’est-ce exactement que la séroadaptation, et est-ce que ça marche ?
La séroadaptation consiste à choisir avec qui on couche (et ce qu’on fait) en fonction du statut viral. Dernièrement cette stratégie a joué un rôle dans la chute spectaculaire de 20% des nouvelles infections signalée à San Francisco. Mais le statut VIH joue un rôle déterminant dans les pratiques sexuelles des gays, bi et trans depuis le début de l’épidémie. Alors pourquoi son impact sur le taux de transmission s’est-il étendu récemment ? Pour commencer, nous n’avons jamais été aussi nombreux à connaître notre statut viral. La popularité grandissante des rencontres en ligne nous permet de divulguer nos statuts avant même d’entamer une conversation. Cela permet à ceux qui souhaitent renoncer aux capotes de recourir à la séroadaptation comme moyen de réduire, plutôt que d’éliminer, le risque de contamination. Mais doit-on considérer la séroadaptation comme une stratégie de prévention à la fois efficace et fonctionnelle ? Le Département de Santé Publique de San Francisco est intervenu sur le sujet avec sa dernière campagne « Disclosure Initiative », en déclarant : « Nous reconnaissons, en tant que service de santé, ce que de nombreux membres de la communauté gay ont adopté comme une stratégie de réduction de risque ». Pour que la séroadaptation soit bel et bien efficace, il faut pourtant que les trois conditions suivantes soient réunies : 1) on doit vraiment connaître son statut actuel, et pas seulement le résultat du dernier test ; 2) le statut viral doit être clairement annoncé (négatif, positif ou inconnu) ; et 3) on doit évaluer avec lucidité sa propre capacité à connaître le statut de son partenaire. La séroadaptation marche entre séropos si l’objectif est d’empêcher la transmission du VIH aux séronégatifs. La séroadaptation marche entre séropos si l’objectif est d’empêcher la transmission du VIH aux séronégatifs. Les séropos peuvent pratiquer la séroadaptation pour éviter un possible rejet suite à l’annonce de leur statut, et éliminer la peur ou l’anxiété liée à une transmission du VIH à leur partenaire. Les tendances de ces dernières années indiquent que davantage de gays séropos pratiquent la séroadaptation et que leurs relations sans capote ont lieu avec d’autres séropos. Mais les capotes représentent encore un choix sanitaire important : les IST peuvent augmenter la charge virale, affaiblir le système immunitaire, et rendre possible une infection par une autre souche du VIH (bien qu’on n’ait pas encore évalué la fréquence et la nocivité de ces infections). La séroadaptation peut également être efficace pour les gays séronégatifs, mais c’est plus compliqué. La séroadaptation peut également être efficace pour les gays séronégatifs, mais c’est plus compliqué. A San Francisco on estime que 20% des gays séropos ne connaissent pas leur statut viral et 50% de l’ensemble des nouvelles infections sont occasionnées par des individus qui ne connaissent pas leur statut. Quelqu’un peut très bien se présenter en toute bonne fois comme séronégatif, tout en étant en réalité séropositif. Pour connaître vraiment son statut ou celui de son partenaire, il est indispensable de passer le test du VIH tous les trois mois, sans oublier que le VIH risque de ne pas être détecté jusqu’à 6 à 12 semaines après l’infection. Cela veut dire que quelqu’un qui est infecté juste avant de passer le test aura un résultat négatif. De plus la charge virale d’un séropo peut faire la différence entre une exposition au VIH (où le VIH pénètre dans l’organisme mais l’infection ne prend pas) et une infection VIH proprement dite. Une charge virale élevée peut rendre quelqu’un plus infectieux. La charge virale est extrêmement haute juste après l’infection VIH, alors que le test n’est pas encore en mesure de le détecter. Cela veut dire qu’un homme séropo qui connaît son statut et gère sa santé, et dont la charge virale est basse ou indétectable, peut poser moins de risque en termes de transmission du VIH que quelqu’un qui dit et pense être séronégatif, mais qui vient d’être infecté et a une charge virale élevée. Pour que la séroadaptation entre séronégatifs soit efficace, il faut que les décisions soient bien informées et que chacun ait un sens aigu du niveau de risque qu’il est prêt à endosser. ...la séroadaptation a quand même contribué à réduire les nouvelles infections et a ajouté une nouvelle alternative à notre panel des pratiques plus sûres. Il est clair que la séroadaptation sans la capote n’est ni une stratégie « taille unique » qui pourrait s’appliquer à toutes les situations, ni une solution miracle aux questions de santé sexuelle. Il n’empêche pas une éventuelle réinfection ou co-infection VIH, n’a aucun effet sur les autres MST, et ne marche que si toutes les personnes concernées sont sérieuses et communicatives. Même s’il est imparfait, la séroadaptation a quand même contribué à réduire les nouvelles infections et a ajouté une nouvelle alternative à notre panel des pratiques plus sûres. Mais ce qui est peut-être le plus encourageant c’est que même après 25 ans d’épidémie, les ressources et l’endurance des hommes gay, bi et trans leurs permettent de continuer à forger de nouvelles façons de se maintenir les uns les autres en bonne santé. Jen Hecht est la responsable formation et Jason Riggs le porte parole de Stop Aids Project, association basée à San Francisco. Cet article a été originellement publié dans le Bay Area Reporter de San Francisco sous le titre « Peril & promise of serosorting », 23/11/2006. Traduction : Azelle pour Warning
Selon la définition de Warning et du sociologue Jean-Yves Le Talec, on qualifie de serosorting deux types de pratiques : D’autre part, le serosorting englobe aussi les dimensions psycho-affectives qui font qu’un individu préfère partager sexualité, sentiments, voire vie quotidienne, avec un quelqu’un de même statut sérologique (on parle ici de « séropréférence »).
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