
e président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, a été condamné, jeudi 25 janvier, à 15 000 euros d'amende, par le tribunal correctionnel de Montpellier, pour avoir traité des harkis de
"sous-hommes" en février 2006. M. Frêche, qui n'était pas présent lors du délibéré du tribunal, a également été condamné à la publication du jugement dans six revues, à titre de peine complémentaire.
Le 30 novembre, le procureur Olivier Decout avait requis une amende de ce montant à l'encontre de M. Frêche, mis en examen pour
"injures envers un groupe de personnes en raison de son appartenance ethnique, raciale ou religieuse".
Le 11 février 2006, lors d'une cérémonie d'hommage à un ancien porte-parole de la communauté pied-noir à Montpellier, M. Frêche s'en était pris à des membres de la communauté harkie qui avaient participé, le même jour, à une manifestation de l'UMP : "Vous êtes allés avec les gaullistes (...). Ils ont massacré les vôtres en Algérie et encore, vous allez leur lécher les bottes ! (...) Vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur !", avait-il lancé.
L'avocat du président de région, Me André Ferran, qui avait plaidé la relaxe, a immédiatement indiqué qu'il allait faire appel de la décision du tribunal et, si besoin, aller en cassation, voire devant la Cour européenne des droits de l'homme. "Nous irons jusqu'à l'extrême limite de la procédure républicaine", a dit l'avocat, selon qui le procès n'a pas été "équitable".
La commission nationale des conflits du PS doit se réunir le 27 janvier pour statuer sur le cas de M. Frêche après ses propos sur les harkis et ceux sur le nombre de "Blacks" dans l'équipe de France de football. Georges Frêche s'est "mis en congé" du PS "jusqu'après l'élection présidentielle", afin de "ne pas gêner la campagne de Mme Royal", a-t-il expliqué.