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Par sidibou :: 18/05/2007 à 2:08 :: racisme

La haine envers les homosexuels reste bien vivace en France"
LE MONDE | 17.05.07 | 15h40 • Mis à jour le 17.05.07 | 15h40

débats, projections de films, réunions publiques, expositions : comme chaque année depuis 2005, la Journée mondiale contre l'homophobie a lieu le 17 mai. La date n'a pas été choisie au hasard : elle commémore la suppression, en 1990, de l'homosexualité de la liste des maladies mentales dressée par l'Organisation mondiale de la santé.

Pétition pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité
L'universitaire Louis-Georges Tin, président du comité Idaho (International day against homophobia), a lancé en novembre 2006 une pétition en faveur de la dépénalisation universelle de l'homosexualité. Aujourd'hui, plus de 70 Etats condamnent encore l'homosexualité, et dans une dizaine de pays la sanction prévue par les textes est la peine de mort. Le comité Idaho souhaite qu'une résolution sur la dépénalisation de l'homosexualité soit portée devant les Nations unies.

Cette pétition a été signée par cinq Prix Nobel - l'archevêque Desmond Tutu, l'économiste Amartya Sen et les écrivains Dario Fo, Elfriede Jelinek et José Saramago -, de nombreux artistes - David Bowie, Meryl Streep, Bernardo Bertolucci, Cindy Lauper, Salman Rushdie - et des responsables politiques - Ségolène Royal, François Bayrou, Jacques Delors, Roselyne Bachelot.

Lancée par l'universitaire Louis-Georges Tin, cette Journée mondiale a été officiellement reconnue par le Parlement européen, la Grande-Bretagne, le Mexique, le Québec, et elle sera célébrée, cette année, dans une cinquantaine de pays.

En France, les actes homophobes ne sont pas recensés en tant que tels par les autorités, mais l'association SOS-Homophobie, qui a ouvert en 1994 une ligne d'écoute, dresse tous les ans un état des lieux. En 2006, elle a recueilli 1 332 témoignages, soit une augmentation de 10 % par rapport à 2005. Le nombre d'agressions physiques - trois par semaine - est, lui aussi, en nette augmentation (17 % par rapport à 2005). "La haine envers les homosexuels reste bien vivace en France", affirment Jacques Lizé et Anne Claret-Tournier, président et vice-présidente de l'association. Selon une étude commandée par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), 40 % des homosexuels disent avoir été victimes d'actes ou de propos homophobes sur leur lieu de travail.

En 2005, une étude épidémiologique parue en France avait montré, pour la première fois, la très forte propension au suicide des homosexuels. Mené par l'association Aremedia avec la collaboration de l'Inserm, ce travail de Marc Shelly, médecin de santé publique, montrait que, "toutes choses égales par ailleurs" - âge, lieu de résidence, niveau d'études, catégorie socioprofessionnelle et structure familiale parentale -, les jeunes homosexuels ont treize fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels. Ces résultats confirment les chiffres issus des études américaines, canadiennes et australiennes, qui aboutissent, elles, à des chiffres de "sursuicidalité" variant de six à treize.

Pour cette troisième Journée mondiale, le comité Idaho (International Day Against Homophobia) insiste, en France, sur l'importance de la prévention, mais défend également le principe de l'égalité des droits dans les domaines conjugal et familial. Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy a promis de créer, pour les homosexuels, un contrat d'union civile célébré en mairie et ouvrant les mêmes droits sociaux, fiscaux et patrimoniaux que le mariage. Mais il reste fermement opposé à l'homoparentalité, proposant seulement de simples aménagements destinés à améliorer l'exercice de l'autorité parentale.

Pour M. Tin, ces réformes se résument à de la "poudre aux yeux". "Le contrat d'union civile sera un ghetto légal réservé aux homosexuels. Nous demandons au contraire l'égalité des droits, pour le mariage comme pour la filiation." L'Inter-LGBT (lesbienne, gay, bi, trans), qui organise tous les ans la Marche des fiertés à Paris, se montre, elle aussi, très critique envers le contrat d'union civile : ce statut, estime-t-elle, risque d'"enfermer les couples homosexuels dans un statut spécifique" et de conduire à la suppression du pacs, une "alternative souple au mariage".

Mais, concernant l'homoparentalité, l'Inter-LGBT se dit "prête à avancer" sur la base des propositions de la défenseure des enfants, Dominique Versini, qui souhaite créer un statut du beau-parent.

Anne Chemin

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