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Lieu : 8e circonscription des Bouches-du-Rhône (quartiers Est de Marseille, à cheval sur les XIe, XIIe et XIIIe arrondissements) Enjeu : historiquement à gauche aux élections locales, la circonscription basculera-t-elle à droite ?
Depuis 1934, la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône est une chasse-gardée socialiste. Son représentant depuis 2002, Christophe Masse, 43 ans, a notamment pris le relais de son père et de son grand-père. Mais à la lecture des résultats de la présidentielle, son siège apparaît aujourd'hui très menacé : Nicolas Sarkozy s'est en effet imposé dans le secteur avec plus de 59% des voix face à Ségolène Royal. Son adversaire UMP, Valérie Boyer, 44 ans, a donc de bonnes chances de l'emporter au soir du 17 juin.
"Il faut être lucide. Le score de Sarkozy dans la circonscription est important", admet Christophe Masse. "Mais il faut aussi le relativiser : si la gauche l'emporte aux élections locales, les candidats de droite y sont toujours arrivés en tête à la présidentielle depuis 1974. Etant donné la nette victoire de Sarkozy au plan national, le rapport de forces établi ici le 6 mai n'est pas très étonnant. Mais depuis, on a fermé le livre de la présidentielle et ouvert celui des législatives. Et les équations personnelles vont beaucoup jouer", ajoute le candidat socialiste. Il mise notamment sur le déficit de notoriété de sa concurrente, conseillère municipale de la mairie des XIIIe et XIVe arrondissements depuis 2001. Consciente de la situation, Valérie Boyer fait le même constat et refuse de se considérer comme favorite, tout en reconnaissant que le score de Sarkozy "nous laisse beaucoup d'espoir".
L'inconnue FN
Alors prime au sortant ou prime "Sarkozy" ? La réponse pourrait en fait bien venir de l'inconnue représentée par le FN. Le 22 avril dernier, avec plus de 15% des voix, Jean-Marie Le Pen, même en recul, a réalisé dans la "8e" l'un de ses meilleurs scores dans le département et a dépassé de peu la barre de 12,5% des inscrits. Reste à savoir si ce sera le cas de Stéphane Durbec le 10 juin. "Sarkozy a siphonné le score de Le Pen. Mais les candidats UMP vont-ils siphonner ceux des candidats FN ? Je n'en suis pas sûr. Je connais bien les quartiers. Le vrai danger, c'est le FN. Mon vrai adversaire, c'est lui. S'il n'est pas au second tour, alors j'aurais gagné la bataille", explique Christophe Masse.
Un avis que ne partage pas Valérie Boyer. Pour elle, le FN ne pourra pas se maintenir. Pour trois raisons : "Le Pen fait toujours de meilleurs scores que les candidats FN aux législatives, la participation devrait osciller entre 70 et 75% au lieu de 85% à la présidentielle et le MNR est également présent". Surtout, elle affirme que "Christophe Masse n'est pas sérieux quand il dit que le FN est son vrai adversaire. Il a toujours été de fait son allié objectif et n'aurait pas été élu en 2002 sans la triangulaire". "C'est vrai, les triangulaires favorisent la gauche. Mais s'il y a des triangulaires, c'est qu'il y a des raisons", rétorque Christophe Masse.
D'ici au premier tour, chacun mènera bataille sur ses thèmes de prédilection. Christophe Masse compte mixer un sujet local sur lequel il s'est spécialisé -la lutte contre l'urbanisation sauvage imposée, selon lui, par le maire UMP Jean-Claude Gaudin à la limite Est de la circonscription- et un principe, celui du "député de terrain refusant le clientélisme". Valérie Boyer entend pour sa part convaincre les électeurs de "donner une majorité au président de la République" et leur démontrer que "la circonscription correspond parfaitement aux quatre piliers de Nicolas Sarkozy : sécurité, travail, environnement et lutte contre l'immigration". |