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France (Mémoire) Marseille: hommage aux déportés et internés homosexuels |
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Samedi 23 juin, après la 14e Marche des fiertés de Marseille, l'association civile homosexuelle du devoir de mémoire, Les Oubliés de la mémoire, organisera la cinquième cérémonie en hommage aux déportés et internés homosexuels devant le monument de la déportation, à 18h30. A cette occasion, des gerbes seront déposées par le Conseil régional, le Conseil général et la Ville de Marseille. Les partis politiques et les associations LGBT sont invités à participer à cette cérémonie.
Pour plus d'informations, www.devoiretmemoire.org ou 06 18 84 00 33.
+5.000.000.00€ ont êtes collectés ce week end, je vous remercie en tant que bénévole d'avoir répondu a notre appel, vous pouvez encore appelez jusqu'au 16.4.07 au 110 pour faire des promesses de dons
Vanneste doit-il être exclu de l'U.M.P ?
C'est la question que Laurence Ferrari a posée au Ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres qui était son invité ce midi dans l'émission Dimanche +. La journaliste lui a d'abord demandé de commenter la récente exclusion de Georges Frêches du P.S, après quoi elle lui a demandé s'il souhaitait que le député Christian Vanneste soit exclu de l'U.M.P suite à sa condamnation pour injures envers les homosexuels. Voici sa réponse...
En voilà une bonne idée ! Attendons donc que Christian Vanneste prenne la décision de s'exclure lui-même de l'U.M.P !!!
je vous rappelle que les commentaires doivent rester courtois et ne pas contenir de propos à caractère insultant ou diffamatoire sur les personnes, notamment concernant leur orientation sexuelle.
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La justice confirme la condamnation de Christian vanneste
La Cour d'appel de Douai a confirmé le jugement du Tribunal de Grande Instance de Lille et condamné le député UMP du Nord Christian Vanneste à la même peine. Cette décision confirme aussi la jurisprudence créée en première instance. | |
Le député UMP avait fait appel pour demander l'annulation du jugement au motif que la loi du 30 décembre 2004 serait illégitime, non nécessaire et disproportionnée, et qu'elle serait contraire à l'article 10 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme sur la liberté d'expression. La Cour d'appel a rejeté ce système de défense et l'a déclaré coupable d'injures à raison de l'orientation sexuelle.
Les associations LGBT se félicitent du jugement
SOS homophobie, Act Up-Paris et le SNEG, qui s'étaient constitués partie civile se félicitent de cet jugement.
SOS homophobie se félicite de cette sanction des propos homophobes "qui doivent être combattus parce qu'ils inspirent et légitiment les agressions verbales et physiques à l'encontre des personnes homosexuelles". "Ils sont également responsables de la dépréciation de soi qui conduisent de nombreux jeunes lesbiennes, gays, bis, transsexuels à des comportements à risques : suicides et sexualités non protégées", ajoute l'association.
L'Inter-LGBT accueille cette décision avec satisfaction. "Démonstration est faite qu'en France, les propos injurieux tenus à l'encontre des homosexuels ne sont pas tolérés par la justice. La loi votée en décembre 2004 est donc bien applicable. Christian Vanneste n'est pas la victime qu'il prétend être à longueur d'interviews, mais bien le coupable d'un délit. Pour la justice, l'homosexualité n'est pas un "comportement" dissociable de la personne humaine, mais bien un trait de son identité : porter atteinte à l'orientation sexuelle d'une personne, c'est attaquer la personne elle-même" déclare l'Inter dans un communiqué.
Pour Act Up aussi ce jugement souligne que "les injures homophobes n'ont rien à voir avec la liberté d'expression". Hélas, déplore l'association, "cet arrêt n'empêchera pas le député UMP de continuer. Depuis le jugement de première instance, Christian Vanneste ne cesse de multiplier les provocations. Il a déposé un projet de loi visant à invalider la loi du 30 décembre 2004, ce qui s'apparente à une véritable tentative d'auto-amnistie. Il répète à outrance les propos pour lesquels il est poursuivi, montant à chaque fois d'un cran dans l'injure, allant jusqu'à la menace".
Le SNEG insiste sur le fait que le jugement constitue "une seconde jurisprudence sur l’application de la loi du 30 décembre 2004, que la justice française applique sans ambiguïté".
La responsabilité de l'UMP et de Nicolas Sarkozy
Les associations LGBT pointent toutes l'absence de sanction de la famille politique du député Vanneste à son encontre après la décision de justice. "Tant qu'aucune sanction politique n'aura été prise contre lui, le député UMP pourra continuer. Mais Christian Vanneste, reconduit par l'UMP comme candidat aux législatives [sous l'étiquette CNI], est officiellement soutenu par son parti et son président, Nicolas Sarkozy", explique amèrement Act Up.
En janvier 2004, en effet, le président de l'UMP avait promis l'exclusion de Christian Vanneste de son parti. Il ne l'a pas fait. Pour Act Up, "cela laisse entendre que son parti tolère les insultes et les transgressions de la loi, dès lors qu'elles concernent les homosexuels : l'UMP nous considère-t-elle comme des sous-citoyens ? Il est temps que Nicolas Sarkozy choisisse son camp : celui de l'homophobie, ou celui du respect et de l'égalité".
L'Inter-LGBT aussi, fait savoir qu'elle observera avec attention le choix définitif que fera l'UMP d'investir ou non Christian Vanneste " reconnu désormais officiellement homophobe" lors des prochaines législatives | |
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Manifestation au Vatican pour la reconnaissance des couples homosexuels
Les défenseurs des unions entre personnes de même sexe ont manifesté samedi place Saint-Pierre au Vatican pour dénoncer l'opposition de l'Eglise catholique à la légalisation des couples homosexuels. | |
200 personnes environ ont manifesté à l'appel de l'organisation italienne de défense des droits des LGBT Arcigay. Elles commémoraient, comme chaque année, le suicide du poète sicilien homosexuel, Alfredo Ormando, qui s'était immolé il y a 10 ans place Saint-Pierre pour dénoncer l'homophobie de l'Eglise catholique.
Plusieurs membres de la manifestation portaient des drapeaux gay et des banderoles de protestation condamnant notamment l'ingérence permanente du pape dans la politique italienne sur le dossier des unions de fait et réclamant au plus vite le vote du statut promis par le gouvernement Prodi. "Les interventions papales sont quasi-quotidiennes, elles frisent l'obsession", a-t-il déclaré le leader d'Arcigay. Or, a-t-il ajouté, "le Parlement doit discuter de ce sujet en toute liberté, sans pressions du Vatican, et décider en toute indépendance comme tout Parlement souverain d'un Etat laïc".
Jeudi encore, le pape Benoît XVI a réaffirmé devant le maire de Rome son opposition au projet de reconnaissance des union civile.
La commission justice du Sénat italien a entamé mercredi l'examen de propositions de loi sur cette reconnaissance juridique, premier pas vers l'adoption d'une législation promise par le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi | |
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EAST PALACE, WEST PALACE : LE PREMIER FILM CHINOIS OUVERTEMENT GAY ! |
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A Pékin, de nombreux raids de police multiplient les descentes pour arrêter les homosexuels. A Lan, un jeune auteur est arrêté dans un parc public, non sans un certain consentement. Durant sa nuit d'interrogatoire, il raconte son parcours, sa quête incessante d'amour depuis son enfance et ses expériences sexuelles. D'abord violent, l'officier chargé de la garde à vue passe progressivement de la répulsion à la fascination...
Présenté en 1997 à Cannes dans la section "Un Certain Regard", "East Palace, West Palace" est le premier film chinois à évoquer ouvertement l'homosexualité. Il a d'ailleurs provoqué les foudres du gouvernement chinois qui ont confisqué le passeport du réalisateur et ont fait pression pour que le film soit retiré de la sélection officielle (il est arrivé par valise diplomatique). En revanche, la critique a unanimement salué les qualités esthétiques de ce huis clos troublant, courageux et engagé. |
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JEUDI à 22h35 : EAST PALACE, WEST PALACE Film / Chine / 1994 / 98' / VOST / -12 / Inédit Réalisé par Zhang Yuan. Avec Si Han, Hu Jun… Prix du meilleur réalisateur et du meilleur scénario au Festival Mar del Plata 1996
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Et n'oubliez pas le 5ème Salon de l'Homosocialité du 20 au 28 janvier 2007 à Marseille
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L'Association "Mémoire des Sexualités" a été créée à Paris en 1984 par des militants homosexuels issus de plusieurs cercles (Gai Pied, Masques, les Mots à la Bouche, le G.L.H. de Marseille, etc.). Elle a rassemblé des documents (en particulier ceux de Daniel Guérin) et organisé plusieurs débats publics à Beaubourg, à la Sorbonne ou au ministère de la Santé, avec Guy Hocquenghem, Michel Maffesoli ou Rommel Mendès-Leite. Elle organise le premier grand débat sur l’homosexualité et le sida en 1989.
Depuis 1989, sa filiale marseillaise a pris la relève, poursuivant la collecte de documents (28 ans de mobilisation homosexuelle) et les débats publics sur l’homosexualité, la sexualité et le sida, avec Daniel Defert, Jean-Pierre Michel, Françoise Héritier-Augé, et bien d’autres encore (Louis-Georges Tin, Eric Fassin...).
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Le 1er Salon de l’Homosocialité, en 2002, s’inscrit dans le renouveau associatif marseillais (lutte contre le sida, bataille pour le PACS, mobilisation des lesbiennes, cérémonie de la Déportation, Université d’été homosexuelle…). Il donne aux associations régionales l’occasion de se rencontrer, ouvre les échanges avec les associations nationales. Ce 5e Salon témoigne de cette soif d’échange et de rencontre. Le Salon s’inscrit peu à peu dans les grands rendez-vous associatifs nationaux, à la grande fierté de leurs organisateurs.
Pour plus d'infos sur le Salon et obtenir le programme détaillé, cliquez ici. |
Affaire Karim : la régularisation est désormais officielle
C'est enfin officiel : le jeune gay algérien sans-papiers menacé d'expulsion a appris hier 3 janvier sa régularisation par la préfecture de Gironde par le biais de son avocat. On ignore encore quel titre de séjour lui est accordé en terme de durée. On devrait en savoir plus le 10 janvier prochain, date à laquelle un rendez-vous est pris en préfecture.
Mis en ligne le 04/01/07
Promesses et périls de la séroadaptation
par Jen Hecht et Jason Riggs (Stop Aids Project)
« H musclé viril cherche plan bareback. Séroneg et sans MST, toi aussi ». « Séropo cherche même profil pour relations chaudes ». Ce type d’annonce est de plus en plus répandu en ligne. Ceux qui les déposent s’engagent, qu’ils le sachent ou non, dans ce qui est maintenant connu sous le nom de « serosorting » ou « status sorting ». Sur les forums, comme à travers les campagnes de prévention et les médias, la séroadaptation (serosorting ) occupe le devant de la scène : c’est la toute dernière innovation dans la prévention du VIH. Mais qu’est-ce exactement que la séroadaptation, et est-ce que ça marche ?
La séroadaptation consiste à choisir avec qui on couche (et ce qu’on fait) en fonction du statut viral. Dernièrement cette stratégie a joué un rôle dans la chute spectaculaire de 20% des nouvelles infections signalée à San Francisco. Mais le statut VIH joue un rôle déterminant dans les pratiques sexuelles des gays, bi et trans depuis le début de l’épidémie. Alors pourquoi son impact sur le taux de transmission s’est-il étendu récemment ?
Pour commencer, nous n’avons jamais été aussi nombreux à connaître notre statut viral. La popularité grandissante des rencontres en ligne nous permet de divulguer nos statuts avant même d’entamer une conversation. Cela permet à ceux qui souhaitent renoncer aux capotes de recourir à la séroadaptation comme moyen de réduire, plutôt que d’éliminer, le risque de contamination.
Mais doit-on considérer la séroadaptation comme une stratégie de prévention à la fois efficace et fonctionnelle ? Le Département de Santé Publique de San Francisco est intervenu sur le sujet avec sa dernière campagne « Disclosure Initiative », en déclarant : « Nous reconnaissons, en tant que service de santé, ce que de nombreux membres de la communauté gay ont adopté comme une stratégie de réduction de risque ».
Pour que la séroadaptation soit bel et bien efficace, il faut pourtant que les trois conditions suivantes soient réunies : 1) on doit vraiment connaître son statut actuel, et pas seulement le résultat du dernier test ; 2) le statut viral doit être clairement annoncé (négatif, positif ou inconnu) ; et 3) on doit évaluer avec lucidité sa propre capacité à connaître le statut de son partenaire.
La séroadaptation marche entre séropos si l’objectif est d’empêcher la transmission du VIH aux séronégatifs. La séroadaptation marche entre séropos si l’objectif est d’empêcher la transmission du VIH aux séronégatifs. Les séropos peuvent pratiquer la séroadaptation pour éviter un possible rejet suite à l’annonce de leur statut, et éliminer la peur ou l’anxiété liée à une transmission du VIH à leur partenaire. Les tendances de ces dernières années indiquent que davantage de gays séropos pratiquent la séroadaptation et que leurs relations sans capote ont lieu avec d’autres séropos. Mais les capotes représentent encore un choix sanitaire important : les IST peuvent augmenter la charge virale, affaiblir le système immunitaire, et rendre possible une infection par une autre souche du VIH (bien qu’on n’ait pas encore évalué la fréquence et la nocivité de ces infections).
La séroadaptation peut également être efficace pour les gays séronégatifs, mais c’est plus compliqué. La séroadaptation peut également être efficace pour les gays séronégatifs, mais c’est plus compliqué. A San Francisco on estime que 20% des gays séropos ne connaissent pas leur statut viral et 50% de l’ensemble des nouvelles infections sont occasionnées par des individus qui ne connaissent pas leur statut. Quelqu’un peut très bien se présenter en toute bonne fois comme séronégatif, tout en étant en réalité séropositif. Pour connaître vraiment son statut ou celui de son partenaire, il est indispensable de passer le test du VIH tous les trois mois, sans oublier que le VIH risque de ne pas être détecté jusqu’à 6 à 12 semaines après l’infection. Cela veut dire que quelqu’un qui est infecté juste avant de passer le test aura un résultat négatif.
De plus la charge virale d’un séropo peut faire la différence entre une exposition au VIH (où le VIH pénètre dans l’organisme mais l’infection ne prend pas) et une infection VIH proprement dite. Une charge virale élevée peut rendre quelqu’un plus infectieux. La charge virale est extrêmement haute juste après l’infection VIH, alors que le test n’est pas encore en mesure de le détecter.
Cela veut dire qu’un homme séropo qui connaît son statut et gère sa santé, et dont la charge virale est basse ou indétectable, peut poser moins de risque en termes de transmission du VIH que quelqu’un qui dit et pense être séronégatif, mais qui vient d’être infecté et a une charge virale élevée. Pour que la séroadaptation entre séronégatifs soit efficace, il faut que les décisions soient bien informées et que chacun ait un sens aigu du niveau de risque qu’il est prêt à endosser.
...la séroadaptation a quand même contribué à réduire les nouvelles infections et a ajouté une nouvelle alternative à notre panel des pratiques plus sûres. Il est clair que la séroadaptation sans la capote n’est ni une stratégie « taille unique » qui pourrait s’appliquer à toutes les situations, ni une solution miracle aux questions de santé sexuelle. Il n’empêche pas une éventuelle réinfection ou co-infection VIH, n’a aucun effet sur les autres MST, et ne marche que si toutes les personnes concernées sont sérieuses et communicatives. Même s’il est imparfait, la séroadaptation a quand même contribué à réduire les nouvelles infections et a ajouté une nouvelle alternative à notre panel des pratiques plus sûres. Mais ce qui est peut-être le plus encourageant c’est que même après 25 ans d’épidémie, les ressources et l’endurance des hommes gay, bi et trans leurs permettent de continuer à forger de nouvelles façons de se maintenir les uns les autres en bonne santé.
Jen Hecht est la responsable formation et Jason Riggs le porte parole de Stop Aids Project, association basée à San Francisco.
Cet article a été originellement publié dans le Bay Area Reporter de San Francisco sous le titre « Peril & promise of serosorting », 23/11/2006.
Traduction : Azelle pour Warning
Selon la définition de Warning et du sociologue Jean-Yves Le Talec, on qualifie de serosorting deux types de pratiques : Sérochoix : sélection du partenaire en fonction de son propre statut et de celui du partenaire. Séroadaptation : choix des pratiques sexuelles en fonction de son propre statut et de celui de son partenaire. Ces pratiques peuvent être ou non protégées.
D’autre part, le serosorting englobe aussi les dimensions psycho-affectives qui font qu’un individu préfère partager sexualité, sentiments, voire vie quotidienne, avec un quelqu’un de même statut sérologique (on parle ici de « séropréférence »).
Bonjour,
Ceci est probablement un des derniers messages, sinon le dernier, que vous recevez de la part du comité de soutien de Karim. La promesse de sa régularisation présente aujourd'hui toute les garanties pour qu'on ne doute plus de ce qu'elle sera tenue. C'est la raison pour laquelle je me sens plus libre de rédiger ces quelques lignes.
Je ne trouverai pas de mots assez justes pour décrire ce que ce petit bonhomme a enduré ces quatre derniers mois, et en particulier ces deux dernières semaines. Aujourd'hui, il est hors de danger mais il aura payé un lourd tribut. Les plaies se referment mais les cicatrices demeurent.
Il est déjà très jeune quand il comprend que pour être lui il doit quitter sa famille. La religion, la société, son entourage, son père, sa mère n'acceptent pas ce qu'il est. Les gens "se doutent". Il subit brimades et insultes, il est même agressé physiquement. Il y a un espoir : un oncle l'accueillerait en France pour qu'il y poursuive sa scolarité. Au-delà de la perspective de débouchés professionnels, c'est évidemment une issue de secours qui se profile et peut-être l'occasion de vivre enfin sa vie. Alors Karim multiplie les petits boulots pour pouvoir se payer le voyage. Il se lève tôt, se couche tard et économise. A seize ans, il peut enfin partir et rejoindre Bordeaux.
Son oncle l'héberge sous son toit. Il ignore les réelles motivations de Karim mais ne pose pas de questions. Karim s'intègre parfaitement. Il travaille bien au lycée, ses résultats sont bons. Pour ne pas être une charge pour son oncle, il travaille le week-end, dans un hôtel où il fait le ménage. Karim tombe amoureux d'un garçon et une belle histoire commence.
Mais voilà, Karim vient maintenant de fêter son dix-huitième anniversaire et reçoit l'ordre de quitter le territoire français. Il ne veut pas partir. Il se sentait enfin vivre ici. Le préfet prend à son encontre un arrêté de reconduite à la frontière. Le jeune homme explique qu'il ne peut pas partir, qu'il n'a plus de liens avec sa famille, qu'il n'a pas d'amis, ni aucune attache en Algérie. Il explique qu'ici, il a une famille, un entourage aimant, qu'il est scolarisé et qu'on a rien à lui reprocher. Ces seuls élements auraient dû lui permettre de rester en France. Mais la France exige davantage. On lui demande d'expliquer pourquoi il est parti. Karim ne l'a jamais dit jusque là. Pudique, il n'a jamais lui-même mis de mots sur "ça". Il avoue que son père se doutait qu'il n'était "pas normal", il avoue les sévices qu'il subissait. Mais ça ne suffit pas. On lui reproche de n'avoir jamais fait état de son homosexualité. On lui reproche de ne l'avoir pas révélée lorsqu'il est arrivé en France et de s'en servir maintenant pour rester. On doutera publiquement de son orientation sexuelle et on lui reprochera de ne pas en apporter la preuve.
En première instance, Karim obtient justice, il peut rester en France. Mais on s'acharne. Le préfet fait appel de la décision. Ainsi, Karim n'aurait rien à faire ici. Devant la Cour d'appel, les questions et les insinuations font froid dans le dos. Karim ne rapporte pas la preuve de son homosexualité. Il ne rapporte pas la preuve que si elle était avérée elle représente un danger pour sa vie. Son ami vient bien à l'audience pour témoigner de leur relation mais voilà, il leur manque un domicile commun, un pacs, et sans doute un chien. A 18 ans, Karim ne peut justifier de sa vie de couple. Son oncle n'est pas à l'audience car il ne sait pas que Karim est homosexuel et le jeune homme lui a donc caché les déboires administratifs dont il est victime. La décision de la Cour d'appel infirme celle du tribunal administratif : Karim doit partir.
Le comité de soutien de Karim s'active. Josiane Balasko, sa marraine, interpelle le ministère de l'Intérieur par médias interposés. Répondant à l'appel, de nombreuses personnes se proposent de le cacher et de l'aider par tous moyens appropriés.
C'est le soir du 23 décembre, au moment où il devait justement rejoindre sa première planque, qu'il apprend de Josiane Balasko que le ministère de l'intérieur va le régulariser. Il a du mal a réaliser et, de toute façon, Karim intériorise tout. Sa joie se devine sur son visage et ses yeux brillants. Nous fêtons ça. Il rentre chez lui pour aller se coucher. Mais voilà, l'affaire est revenue aux oreilles de son oncle. Celui-ci le met dehors. Il ne veut pas de "gens comme ça" chez lui. Il aurait dû voir un docteur avant de s'adresser à un avocat. Il est la honte de la famille.
Alors la première planque prévue sera finalement son refuge. Malgré ce calvaire, il se lèvera à 6h30 et sera à l'heure ce dimanche 24 décembre pour embaucher. Je passerai Noël avec lui chez une de mes amies. Il se confiera un peu mais pas trop ; je n'ai jamais entendu Karim, pudique et digne, se plaindre. Il comprend qu'il est dans une situation précaire, qu'il va falloir trouver un logement, des ressources ... mais ne se résigne pas. Il est heureux de pouvoir rester ici.
Derrière les chiffres, derrière les 25 000 expulsions qu'on est heureux d'exhiber, il y a des vies. Il y a des êtres humains. Il y a Karim, Qerim, Dashnor, Dashroje, Felouah, Yuan, Mamadou, Beibei, Cristian et tant d'autres. Racontons leurs vies pour qu'ils ne soient plus une simple statistique.
P.S. Nous prévoyons une séance de rattrapage pour le Noël que Karim n'a pas eu. Si vous voulez participer à son cadeau, envoyez vos chèques à l'ordre de "LGP Bordeaux - Pour Karim" BP 243 - 33012 Bordeaux cedex.
Matthieu Rouveyre Parrain de Karim Président de la LGP Bordeaux, membre de RESF 33 Conseiller municipal de Bordeaux 06 19 57 57 25
http://www.pourkarim.net http://resf33.free.fr/ http://www.lgpbordeaux.net
Les dernières infos
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France (Société) La situation de Karim devrait être régularisée d'ici la fin de l'année |
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«Vous pouvez appeler le gamin. Il est régularisé», a annoncé par téléphone Nicolas Sarkozy le 23 décembre dernier à Josiane Balasko, marraine républicaine de Karim*, jeune Algérien de 18 ans menacé d'expulsion depuis août 2006 par la préfecture de la Gironde. Cette heureuse nouvelle est intervenue le lendemain de la décision de la cour administrative d'appel de Bordeaux qui confirmait l'arrêté de reconduite à la frontière de Karim (lire Quotidien du 22 décembre). Me Landete, avocat du jeune homme, attend de recevoir à son cabinet, d'ici la fin de cette année 2006, le document officiel d'admission au séjour de Karim à «titre humanitaire». Le principe de ce type de régularisation repose sur un renouvellement «automatique» d'une année sur l'autre. «Lorsque Josiane Balasko m'a appelé pour m'annoncer que le ministre de l'Intérieur allait régulariser ma situation, je n'y croyais pas. J'étais choqué. Cette histoire dure depuis un moment et il a juste fallu d'un coup de téléphone pour que mes problèmes disparaissent… Je suis heureux, mais toujours stressé. J'attends d'avoir les papiers entre les mains», a confié Karim. Le jeune homme voit donc enfin le bout du tunnel après cinq mois d'acharnement juridico-administratif, grâce à une décision du ministre de l'Intérieur qui vient casser celle du tribunal administratif. Cependant, la parution de sa photo non-floutée le 12 décembre dans le quotidien régional Sud Ouest à l'occasion de son parrainage républicain à Bordeaux a gravement compliqué sa situation. En effet, le quotidien algérien El Watan aurait repris cette photo, portant à la connaissance des parents en Algérie la situation de leur fils en France. «Ma mère m'a appelé parce qu'il y avait un article sur moi avec ma photo dans un journal algérien. Mes parents n'étaient pas contents. Ma mère m'a dit que mon père ne voulait pas de moi à la maison parce que j'étais homo. Elle a ajoutée qu'il me tuerait.». Enfin, l'oncle et la tante, installés dans l'agglomération bordelaise, chez qui Karim est accueilli depuis son arrivée en France le 17 octobre 2004, ont appris avec la parution de cette photo dans Sud Ouest à la fois la situation dans laquelle leur neveu se trouvait et, dans le même temps, son homosexualité. «Tu es la honte de la famille. Avant d'aller voir un avocat, c'est un médecin que tu aurais dû consulter afin de te faire soigner», aurait dit l'oncle au jeune homme avant de le mettre à la porte, selon Matthieu Rouveyre, conseiller municipal socialiste à Bordeaux. Depuis le 23 décembre, l'élu s'est rapproché du cabinet d'Alain Rousset, président PS du conseil régional d'Aquitaine, afin de tout mettre en œuvre pour lui trouver un hébergement. Il semblerait que le conseil régional mette à disposition, d'ici la rentrée scolaire début 2007, une chambre dans une résidence lycéenne à proximité de son école. Pour l'heure, le réseau de solidarité qui s'est tissé autour de lui continue de fonctionner. Karim est hébergé chez des amis à Bordeaux. Pendant ses vacances de fin d'année, il travaille dans un hôtel. Sa situation est effectivement sur le point d'être régularisée, mais au prix d'un très lourd tribut. Rejeté par ses proches en Algérie et aujourd'hui en France, ce jeune homme de 18 ans aura vécu son cauchemar dans un isolement quasi total sans jamais se plaindre. Son seul vrai confident aura été et reste son petit ami Dorian*. «L'avenir? J'envisage une vie normale comme tout le monde. Finir rapidement mes études et trouver un travail. N'importe quoi.» *Les prénoms ont été modifiés
Copyright tetu.com
par Cyril Vergès
Info du 2006-12-28 |
Le pape hausse le ton contre le mariage homosexuel |
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 ors de ses vœux de Noël à la Curie romaine, vendredi 22 décembre, le pape Benoît XVI a fustigé avec vigueur les partisans du mariage gay, dénonçant leurs "théories funestes".
Cette déclaration intervient alors que le débat sur le mariage homosexuel fait rage en Italie. Plusieurs élus de la coalition de gauche de Romano Prodi, divisée sur ce sujet, sont récemment intervenus en faveur des unions gays. Mercredi, deux d'entre eux ont ainsi disposé quatre poupées représentant des couples homosexuels près de l'Enfant Jésus, dans la crèche du Parlement à Rome.
Dans son intervention, Benoît XVI a durement critiqué tous ceux qui mettent sur le même plan les mariages homosexuel et hétérosexuel. "Cela accrédite tacitement ces théories funestes qui refusent toute pertinence à la masculinité et à la féminité de la personne humaine, comme s'il s'agissait d'un fait purement biologique", a-t-il estimé. | |
France (Société) La cour d'appel de Bordeaux renvoie un gay algérien dans son pays où il risque la prison |
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Il n'y aura pas de trêve de Noël pour Karim. La cour administrative de Bordeaux vient de rendre son jugement et de confirmer aujourd'hui l'arrêté de reconduite à la frontière qui frappe Karim, jeune gay algérien âgé de 18 ans (lire Quotidien du 20 décembre). Alors que Karim a fui son pays il y a plus de deux ans, après des violences subies en raison de homosexualité, la cour administrative d'appel n'a même pas cherché à entendre les risques qu'il encourt en Algérie en cas de renvoi dans son pays. Karim est donc toujours sous le coup d'une reconduite à la frontière, que la préfecture peut mettre en oeuvre dès qu'elle le souhaite. «Nous ne nous attendions pas à ce que la décision tombe aussi vite. L'Inter-LGBT va prendre rapidement contact avec le ministère de l'Intérieur afin de demander à Nicolas Sarkozy de prendre en compte le caractère exceptionnel de la situation de Karim, a déclaré à Têtu Alain Piriou, porte-parole de l'Inter-LGBT. Les associations qui se sont mobilisées pour Karim sont plongées dans une très grande colère. Cette décision est une négation pure et simple de la situation dans laquelle se trouve Karim. D'un côté, il y a les arguments administratifs et juridiques, mais de l'autre le caractère humain et c'est d'ailleurs pour ce seul motif qu'un ministre de l'Intérieur pourrait aller au-delà d'une décision de justice. C'est cette porte que nous laissons ouverte à Nicolas Sarkozy. S'il décide de la refermer, cela relèvera de sa seule responsabilité.» Matthieu Rouveyre, conseiller municipal PS à la mairie de Bordeaux et parrain républicain de Karim est très choqué: «Je suis écœuré. J'en ai les larmes aux yeux. Il n'est pas possible de faire ça à un gamin dans sa situation. Nous allons entrer en résistance et nous servir de cette colère pour tout faire afin que Karim reste ici. Nous allons trouver une solution. Nous ne pouvons pas le laisser partir.» Pour marquer votre soutien à Karim, vous pouvez signer une pétition en sa faveur sur le site créé à cet effet.
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